La Gazette de Masía Aitona

Atzeneta sur le chemin du "Cid Campeador"

 

À dix minutes de voiture, de Masia Aitona, en franchissant un petit col de montagne, nous trouvons une ville qui, de par son nom, aurait été située au Pays Basque, avec ce « tz » si caractéristique des terres du nord. Mais non, Atzeneta ou Atzaneta est située à l’intérieur de la province de Castellón, dans la région de l’Alcalatén et son nom vient, étonnamment, d’une tribu berbère appelée « Zanata » du VIIIe siècle.

 

Dès le début, Atzeneta est liée à Culla et subit le même sort historique, en rejoignant le royaume d’Aragon en 1233. En 1245, la Setena de Culla est créée, où Atzeneta est intégrée jusqu’en 1890. En 1272, elle a obtenu sa charte de ville de Guillem d’Anglesola, qui a été revendiquée par 80 des premiers colons. En 1303, la famille Anglesola vendit Culla et les villages qui en dépendaient au Temple. Après la disparition de cet Ordre, en 1316, la ville d´Atzeneta fait partie des territoires de l’Ordre de Montesa au sein de la Setena de Culla. C’est alors, au XIVe siècle, qu’Atzeneta acquiert le titre de villa.

 

En fait, dans certaines parties de son centre urbain, on peut visiter plusieurs bâtiments médiévaux et de la Renaissance typiques d’une ville chargée d’histoire. Parmi les monuments religieux, nous pouvons citer l’Ermitage de San Juan de Castillo de 1516, l’Ermitage de Loreto de 1602, les Ermitages de San Gregorio et San Roque et enfin, l’Eglise Paroissiale de style Renacentiste avec un précieux retable baroque de 1744.

“Atzeneta est située à l’intérieur de la province de Castellón, dans la région de l’Alcalatén et son nom vient, étonnamment, d’une tribu berbère appelée « Zanata » du VIIIe siècle.”

Des édifices religieux mais aussi civils comme la Tour de la « presó » : une tour carrée, avec des fenêtres et d’épaisses barres de fer. La tour a servi de prison à la ville de 1853 aux années 1960, il n’y a pas si longtemps ; les murailles médiévales qui ont entouré la ville du XIIIe au XVIe siècle, le château, dont il ne reste que les vestiges de la muraille et une tour d’origine arabe, et le bâtiment de l’hôtel de ville, bel exemple de construction de la Renaissance qui a servi d’hôpital et de palais du commandant de la Setena de Culla au XVIe siècle. Elle possède une belle cour intérieure et une fenêtre de style gothique.

 

Sur la route du « Cid »

Le « Camino del Cid » est un itinéraire de tourisme culturel qui traverse l’Espagne du nord-ouest au sud-est et suit les traces littéraires et historiques de Rodrigo Díaz de Vivar, « el Cid Campeador », le célèbre chevalier médiéval espagnol du 11ème siècle.

 

Atzaneta fait partie d’un itinéraire appelé « anneau du Maestrazgo » car le Cid historique était étroitement lié à la région de Morella, dans sa défense des intérêts de la taifa (Royaume musulman) de Saragosse. On ne sait pas exactement où il se trouvait, mais il est possible qu’il soit passée par Culla, car c’était un lieu important pour le royaume d’Aragon naissant.

 

Ce qui est certain, c’est que l’épicentre de cette route se trouve au village de Onda, dont le château fût conquis par El Cid, selon le « Cantar« , après avoir vaincu le comte de Barcelone et le roi de Lérida lors de la grande bataille de Tévar à quelque 130 kilomètres au nord.

 

Cette intéressante route du Cid est une façon de découvrir une partie importante du pays sur son versant oriental, en nous guidant avec un chef-d’œuvre littéraire espagnol : « El Cantar del mío Cid » (comme la Chanson de Roland, version El Cid). La Route couvre également certains lieux qui n’apparaissent pas dans la Chanson mais qui sont liés à la figure historique du Cid.  En raison de sa longueur (environ 1 400 kilomètres de pistes et 2 000 kilomètres de routes), la route est divisée en itinéraires thématiques de 50 à 300 kilomètres environ, reliés entre eux. https://www.caminodelcid.org

 

Don Rodrigo Diaz de Vivar est un mythe légendaire dont la vie a été consacrée à la guerre pour défendre les intérêts de quelques nobles qui ont laissé les conquêtes et les reconquêtes des terres, des royaumes et des taifas aux mains de « combattants » comme lui. Une vie marquée par deux exils qu’il a dû affronter. Mercenaire des rois chrétiens et musulmans, sa loyauté envers le roi chrétien n’avait pas de prix, mais lorsqu’il a vendu son courage au plus offrant musulman, son pouls n’a pas tremblé non plus, il a fini par se battre pour ses intérêts. Il n’a pas vécu plus de 55 ans, mais sa vie épique lui a valu ce chef d´oeuvre, le plus important de la littérature espagnole, « El cantar del mío Cid ». Cela dit, un vrai personnage : https://www.caminodelcid.org/cid-historia-leyenda/cid-historico/

 

Le château

En dehors du village, dans un quartier appelé Les Foies, se trouve le Castellar, le château, dans la chapelle de San Juan (XIVe siècle). Ce qui reste de ce château est une tour fortifiée dont les origines remontent probablement au XIe siècle. Le château est documenté en 1273. La tour actuelle, visible par les voyageurs, est de style gothique, avec un plan carré et des arcs en plein cintre. Son but était de garder l’entrée des terres de Culla sur la rive droite du fleuve Monleón.

C’est une visite hautement recommandée avant de quitter Atzeneta, dans un endroit où il y a des aires de pique-nique et même une zone de barbecue. Les vues depuis le château sont impressionnantes. Alors, n’oubliez pas de visiter cet endroit, ça vaut le coup, vous vous sentirez peut-être même un peu « chevalier du moyen âge ».

 

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